Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 09:54

 

 

 

Par une décision très remarquée, le Conseil constitutionnel, statuant sur une Question Prioritaire de Constitutionnalité, a déclaré contraire à la Constitution, et par voie de conséquence abrogé, le délit de harcèlement sexuel.


Vous avez été nombreuse à  réagir à l'annonce de l'abrogation de cette loi,  voici un texte  très informatif   et détaillé à lire dans le blog " Journal d'un avocat".

 

Nosu aurons à être beaucoup plus attentives  lors de l'élaboration de la prochaine loi.

 

Par Café des Femmes
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Jeudi 10 mai 2012 4 10 /05 /Mai /2012 15:12

Prêtes à devenir  mannequins comme les lectrices de "Brigitte" magazine féminin allemand  ?

Oui, pour renforcer notre estime de nous  mêmes et éviter de se déprécier en se comparant à des femmes bioniques et à des photos  retouchées.

La croisade d'une ado américaine contre les photos retouchées


 
Julia Bluhm, 14 ans.

Quand elle feuillette les pages de son magazine préféré, Julia Bluhm, 14 ans, ne rêve pas de ressembler aux mannequins immortalisés sur le papier glacé. Bien au contraire ! Cette collégienne ordinaire du Maine est devenue le chef de file d'une nouvelle révolte contre l'industrie de la mode et de la beauté, une semaine après l'annonce du magazine Vogue de ne plus employer des modèles de moins de 16 ans et de promouvoir l'image de personnes en bonne santé.

La jeune Julia Bluhm a provoqué un déchaînement médiatique en envoyant aux bureaux new-yorkais de la publication pour ados Seventeen une pétition demandant la fin d'une utilisation excessive de photographies retouchées et la publication mensuelle de clichés de personnes "normales". Blogueuse depuis un an pour le site Spark (Sexualization Protest, Action, Resistance, Knowledge), qui lutte contre la sexualisation des jeunes filles, elle a soumis son idée aux autres blogueurs du groupe avant de mettre sur pied son projet, détaille le New York Times.

"Ces jolies filles que l'on voit dans ces magazines sont fausses, s'insurge la collégienne, qui a posté sa pétition sur le site Change.org. Dans un magazine dont je suis la cible, je m'attends à voir des filles normales, qui me ressemblent." Et de relancer le débat sur les conséquences de la promotion d'images altérées sur les adolescentes : "Troubles de l'alimentation, régimes, dépression et baisse de l'estime de soi."

Une position que partage Lynn Grefe, la présidente de l'Association américaine des troubles du comportement alimentaire. Interrogée par ABC News, elle insiste sur le caractère "vulnérable" des filles de cet âge. "Les publicités ou les photographies dans les magazines ne sont pas la cause directe des troubles alimentaires. Nourrissent-elles ce type de désordre ? L'aident-elles à prendre plus d'importance et dégénérer en maladie chronique ? C'est une évidence", souligne Mme Grefe.

"NATUREL ET FIER DE L'ÊTRE"

En une quinzaine de jours, la pétition de Julia Bluhm a recueilli près de 62 000 signatures, et la collégienne a même été reçue par la rédactrice en chef de Seventeen, Ann Shoket. Au terme de leur rencontre, le magazine a publié le communiqué suivant : "Seventeen promeut l'image des jeunes filles dans leur authenticité. De vraies filles sont mises en avant dans nos pages et aucune autre publication n'accorde autant de place à une telle diversité de taille, de corpulence, de couleur de peau ou d'origine ethnique."

Julia Bluhm (au centre) et deux autres lectrices de "Seventeen" dénoncent l'usage excessif de photos retouchées dans le magazine.

Une réponse qui ne tarit pas l'envie de Julia Bluhm de poursuivre son combat. "Nous espérons que ce petit pas aboutira à un changement plus grand et encouragera peut-être d'autres magazines à suivre le mouvement [...]. Ça serait vraiment cool."

D'autant que la jeune femme peut compter sur un certain nombres d'avancées dans ce domaine. De plus en plus de magazines et de grands noms de la mode ou de la beauté ont décidé de clore le chapitre de la retouche extrême, privilégiant le principe du "naturel et fier de l'être", souligne le site américain Salon. C'est notamment la cas du bihebdomadaire allemand Brigitte, fleuron de la presse féminine outre-Rhin, qui avait dès 2010 annoncé qu'il renonçait à employer des mannequins professionnels, préférant laisser la place à ses lectrices "qui ont leur propre identité", expliquait à l'époque son rédacteur en chef, Andreas Lebert.

Une décision surprenante et pas du goût de tous, qui a conduit certains titres, à l'instar de l'édition américaine de Glamour, à solliciter l'avis de leur lectorat à travers un sondage : "Retouche photo : quand est-ce que trop c'est trop ?". D'après l'enquête, réalisée auprès de 1 000 lectrices, et dont les résultats ont été rendus publics fin février, "seules 43 % des femmes estiment acceptable qu'un magazine retouche ses clichés et tout juste 30 % s'en accommodent dans la publicité." "Comme vos réactions l'ont clairement indiqué, la retouche a ses limites - ou devrait les avoir. Vous nous avez dit que vous ne souhaitiez plus que des détails comme les cicatrices ou taches de rousseurs soient retirés des clichés, et nous sommes d'accord", a réagi dans la foulée la rédactrice en chef de Glamour US, Cindi Leive.

La lutte contre les retouches touche aussi les marques de beauté, devenant même un argument commercial comme pour le fond de teint Make-Up Forever's - "Vous regardez la première publicité non retouchée pour du maquillage" annonçait une de leurs publicités. Fin 2011, le gendarme américain de la pub, la National Ad Division, a décidé d'interdire les images retouchées dans les publicités pour les cosmétiques. Au cours des douze derniers mois, au Royaume-Uni, l'Advertising Standards Authority a elle prohibé pour "retouches exessives" les publicités des marques Maybelline et Lancôme, qui mettaient respectivement en scène le mannequin Christy Turlington et l'actrice Julia Roberts.

 

 

source Le Monde  du 9 mai 2012

Par Café des Femmes - Publié dans : Actualités
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Jeudi 10 mai 2012 4 10 /05 /Mai /2012 14:49

Encore notre petit confort en question,décidément ...

 

 

 

Aya, 2 kg 9, est né le 4 mars dernier, grâce à la vitrification des ovules de sa mère. On saura gré à Monsieur, dont on ne sait s'il appréciera cette publicité, d'avoir eu "une panne", le jour où Madame subissait une ponction ovarienne. Car c'est pour ne pas perdre les ovocytes que le professeur Wolf les a vitrifiés.

L'autorisation tardive en France de cette innovation technique qui date d'une bonne dizaine d'années symbolise les contradictions inhérentes à l'interdiction de la recherche sur l'embryon et aux suspicions qui accompagnent systématiquement tout progrès qui libère les femmes.

En voici l'illustration: aux jeunes filles atteintes de cancer, on propose, avant traitement, de prélever des ovocytes ou des fragments d'ovaire pour préserver leur fertilité. La réalité, c'est que leurs chances de procréer sont illusoires car la majorité des ovocytes sont inutilisables lors de leur décongélation.
Or, en France, les chercheurs ont interdiction de tenter d'améliorer la technique de congélation des ovocytes car leurs travaux sont considérés comme une recherche sur l'embryon.

Lorsqu'en novembre 2010, le Pr René Frydman a annoncé la naissance de jumeaux conçus grâce à la congélation d'ovocytes de la mère (et non la vitrification qui, à cette date, était interdite), il a été soupçonné d'avoir contourné la loi car la congélation, vu ses médiocres résultats, n'est quasiment pas utilisée pour la fécondation in vitro.

De fait, la conservation des ovocytes intéresse les couples qui ont des problèmes de fertilité ou qui souhaitent bénéficier d'un don d'ovule. La vitrification, qui est une méthode de congélation ultra-rapide, est donc venue de l'étranger et elle donne de bien meilleurs résultats, même s'ils ne sont pas parfaits. Elle permet d'éviter de trop fortes stimulations ovariennes ou de conserver les ovules de donneuses, avec comme perspective une banque d'ovules comme il existe une banque de sperme.

Elle évite aussi la conservation d'embryons non utilisés après fécondation in vitro. Ceux-ci posent des problèmes aux couples quand ils doivent décider soit de les détruire, soit de les donner à un autre couple ou à la science pour les rares recherches autorisées par dérogation. Tout progrès amenant son lot de questions éthiques, la vitrification des ovules ne déroge pas à la règle.

Qu'est-ce qui est pointé du doigt? L'idée que des femmes "profiteraient" de la possibilité de conserver leurs ovules pour des raisons dites "de convenance". Lesquelles? Et bien celle de procréer à un âge où leur fertilité serait amoindrie ou de donner leurs ovules dans le but d'en conserver pour elles-mêmes. On remarquera que dès qu'il s'agit de contraception, d'IVG ou de PMA, les femmes sont systématiquement suspectées d'abus. Mais au nom de quoi les femmes ne pourraient-elles pas conserver leurs ovules quelles que soient leurs raisons? Le risque de procréer trop tard est limité car la PMA est interdite au-delà de 48 ans, âge au-delà duquel une grossesse physiologique est rarissime et risquée pour la santé de la mère. Il est en revanche peu probable que si la conservation des ovules pour des raisons non médicales était autorisée, la société la prenne en charge, mais ceci est un autre débat. On s'étonne d'ailleurs que le Comité consultatif national d'éthique, dûment sollicité, n'ait pas encore rendu d'avis sur la question.

Il n'y a pas, et probablement n'y aura-t-il jamais, d'assurance tout risque contre l'infertilité. Mais qui pourrait s'arroger le droit de juger abusif de vouloir mettre des chances de son côté?

Retrouvez les chroniques de Caroline Eliacheff sur France Culture.

 

Source Huffington Post du 10 mai 2012

Par Café des Femmes - Publié dans : Santé
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Samedi 5 mai 2012 6 05 /05 /Mai /2012 19:05

A l’heure où l’avortement refait débat dans la campagne, cette médecin de 37 ans revendique sa pratique de l’IVG.


«Avortement de confort», déremboursement de l’IVG, la candidate Marine Le Pen n’y est pas allée pas avec le dos de la curette. Début mars, sa charge contre les écervelées qui se débarrasseraient aussi facilement d’une grossesse que d’un vieux tampon a propulsé le droit à l’interruption volontaire de grossesse directement dans le débat politique. Une aubaine pour les féministes. De mémoire de militantes, jamais aucun candidat n’avait osé frapper si fort. Preuve aussi que ce «droit essentiel», vieux de trente-sept ans, ne sera jamais définitivement acquis. 40 % des Françaises ont eu recours à un avortement au moins une fois. Toutes y pensent un jour ou l’autre. Cette question peut-elle s’inviter dans l’isoloir, dimanche ?

Après la salve du FN, Sarkozy a commencé par prendre ses distances, commentant : «Dérembourser l’IVG, je suis en total désaccord avec ça.» Puis, à propos de la contraception des mineures, il a fait marche arrière : «Il y a un débat : est-ce qu’on peut donner la pilule à une adolescente, sans demander l’avis des parents ?» Comme pour lui répondre, un livre est sorti. Le récit de quatre avortements à l’âge de 17 ans, titré J’ai avorté et je vais bien, merci, signé des «filles des 343 salopes» (1). Hollande, lui, s’est engagé à rouvrir les centres IVG fermés ces dernières années, et à rembourser à 100 % l’avortement. De quoi influencer le scrutin ?

 

Qu’en pense un médecin avorteur d’aujourd’hui ?


Pour en rencontrer, on a demandé l’aide de l’hôpital Cochin. On y forme des généralistes à différents diplômes universitaires (DU) dans le domaine de la gynécologie. Dont, l’IVG… Autrefois, la discipline s’appelait l’«orthogénie», aujourd’hui «contrôle des naissances», c’est plus soft. Bref, en plein week-end du 1er mai, le docteur Marie-Eve Cauchon-Rault répond présente. Elle a 37 ans, l’âge de l’IVG légale en France. Rendez-vous pris à son cabinet, à Levallois, commune très CSP+ des Hauts-de-Seine. D’emblée, elle a été claire au téléphone : «L’avortement n’est pas une question de droite ou de gauche. J’ai voté Bayrou au premier tour. Pour le second, j’hésite encore. Et ça va durer jusqu’à la dernière seconde.» Sincère ?

Une éclaircie favorable, une terrasse pour discuter. Entendre Nicolas Sarkozy reprendre sans complexe des arguments du Front national aide-t-il à faire son choix ? «Ça me hérisse», dit le toubib en jeans, blouson de cuir clair et talons.

Marie-Eve Cauchon-Rault n’a jamais avorté. En plus de son métier de généraliste, elle assure depuis 2008 deux vacations par semaine à l’hôpital Beaujon à Clichy, autre commune du département, nettement plus cosmopolite. Dans son cabinet et à l’hôpital, elle affronte la requête de femmes «d’âges, de religions et de milieux différents». Ces féminins pluriels lui plaisent. Pendant la préparation de son DU, elle a écouté, «fascinée», un rabbin, un imam, une sœur catholique et un pasteur protestant expliquer leurs textes sacrés. Elle résume : «La religion catholique est la plus stricte de toutes. L’acte sexuel sert uniquement à procréer.» Ça l’a surprise. A priori, elle aurait mis l’islam en tête.

Elle ne se voit pas du tout militante : «Je suis médecin. Je ne conçois pas de laisser une ado de 15 ans dans l’angoisse parce qu’elle est enceinte. Ou une femme mûre porter un enfant qu’elle ne désire pas. Mon rôle, c’est de l’aider. Sans la juger.» Elle pratique donc des IVG par voie orale (possible jusqu’à 9 semaines seulement) : des cachets à avaler. Elle ne travaille pas encore au bloc. Est-ce plus indolore ? Pas sûr. Son sujet de mémoire : «La prise en charge de la douleur dans les IVG médicamenteuses.»


Elle a pris les mots «avortements de confort» comme une gifle : «Je ne comprends même pas le sens de cette expression. Je n’y crois pas, je n’en connais pas», assure cette mère de deux enfants. «Avant de penser à dérembourser l’IVG, il faudrait commencer par rembourser complètement la contraception.» Le taux élevé d’avortements en France, c’est pour elle «avant tout un problème médical» : il y a de moins en moins de gynécos, les rendez-vous ne s’éternisent pas. Entre frottis et palpation, on ne prend plus le temps de discuter en profondeur du choix d’un contraceptif adapté. «On est souvent de mauvais conseil. C’est trop facile d’accuser les femmes de faire n’importe quoi.»


Elle est née à Dreux. Dans la ville d’Eure-et-Loir où le FN avait réalisé une percée renversante (35 %) dans les années 80. Son grand-père, Jean Cauchon, sénateur maire (Union centriste), y a ferraillé contre le couple Stirbois. Puis, son père avocat a pris le relais. Marie-Eve Cauchon-Rault ne veut plus entendre parler d’engagement politique. Overdose ? Sa belle-mère est toujours conseillère municipale (UMP) à Dreux. Et son frère Mathieu Cauchon (PS) lui fait face.

Seule fille d’une «famille aisée» qu’elle range au «centre gauche», elle vit aujourd’hui à Neuilly, évolue «globalement dans un milieu de droite». Ses enfants (11 ans et 8 ans) sont inscrits dans une institution catholique, mais elle ne se dit pas croyante. Parler de son mari, homme d’affaires, dont elle vient de se séparer, lui coûte. Elle balaie le sujet.

Elle a commencé à s’intéresser à la grossesse quand sa grand-mère maternelle lui a raconté n’avoir «jamais autant pleuré de sa vie qu’en attendant son sixième enfant». Autre expérience décisive : sa fratrie de cinq. Marie-Eve, Mathieu et Benjamin sont les trois derniers. Avant eux, deux frères sont arrivés du Vietnam. L’un a accepté cette adoption, l’autre «jamais». La quête de ses origines a été «un carnage pour tous, mère biologique comprise». Depuis, le docteur Cauchon-Rault sait qu’«avoir un enfant quand on ne l’a pas choisi, le garder contrainte et forcée ou l’abandonner à la naissance parce que l’on ne peut pas l’éduquer, voilà la vraie catastrophe pour une mère, un enfant, une famille entière». L’une de ses amies, catho et régulièrement enceinte, tente parfois de la sermonner : «Il faut garder l’enfant qui s’invite, quitte à accoucher sous X…» Invariablement, elle lui répond : «Même si je ne le fais pas de gaîté de cœur, je ne ressens aucune honte à aider une femme qui ne veut pas d’enfant.» Connaît-elle des médecins qui refusent de pratiquer des IVG : «Oui, une consœur. Pas parce que ce serait immoral, mais parce que ce n’est pas rémunérateur.» Ses vacations à l’hôpital lui rapportent 432 euros mensuels. Et le forfait IVG en cabinet de ville coûte 191,74 euros (pour le traitement et cinq consultations).

Alors, dimanche ? Elle se masse le visage : «Comprenez, je suis libérale. Et je suis mal. Mais je ne suis pas la seule.»

Par Marie-Joëlle Gros, Libération  5 mai 2012

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Samedi 5 mai 2012 6 05 /05 /Mai /2012 18:53

 

Le harcèlement sexuel perd sa loi

Le Conseil constitutionnel a abrogé l’article sanctionnant ce délit, au grand dam des victimes.

Par CATHERINE MALLAVAL

Un harceleur qui a eu la peau de l’article phare du code pénal sur le harcèlement sexuel, ça ressemble à un comble. C’est pourtant ce qui vient de se passer. Gérard Ducray, 70 ans, ancien député du Rhône (Républicains indépendants) et maire adjoint de Villefranche-sur-Saône, condamné en appel en 2011 pour harcèlement sexuel à trois mois de prison avec sursis et 5 000 euros d’amende, avait saisi le Conseil constitutionnel d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) sur l’article 222-33 définissant le délit de harcèlement. Vendredi, il a obtenu gain de cause. Cet article disposant que «le fait de harceler autrui dans le but d’obtenir des faveurs de nature sexuelle est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende» n’est plus. Les Sages l’ont abrogé.

«Tout le monde en convenait, la formulation de cet article était trop floue, se contentant de dire que le harceleur est celui qui harcèle», nous justifiait vendredi le Conseil constitutionnel. La décision sera publiée ce week-end au Journal officiel. Et l’article rayé illico du code pénal. Charge à l’Assemblée nationale qui sortira des urnes en juin d’en rédiger une nouvelle version. Mais que se passera-t-il dans l’intervalle ?

 

VIDE. Libre aux harceleurs de harceler en toute impunité ? Las, il y a de cela.  

 

«Toutes les poursuites pénales engagées sur la base de cet article tombent quand l’affaire n’a pas été définitivement jugée. Que ce soit à la suite d’un premier jugement ou pas, ou en cas d’appel en cours. Cette décision crée un vide juridique, analyse le juriste Michel Miné, du Conservatoire national des arts et métiers. Pas total, puisque les poursuites concernant des affaires de harcèlement dans les entreprises privées intentées sur la base des dispositions civiles du code du travail ne sont pas impactées. Mais, pour toutes les autres qui se sont déroulées dans la fonction publique, à l’université, etc., c’est brutal, radical de supprimer ainsi immédiatement une disposition essentielle du code pénal.»

Pour l’avocate Caroline Mécary, «sur le plan des principes, cette décision est respectueuse du principe de légalité des délits et des peines, qui prévoit que le législateur définisse les crimes et délits en termes suffisamment clairs et précis. Mais c’en est fini de toutes les procédures en cours, alors qu’il faut beaucoup de courage pour engager ce genre de poursuite. D’un point de vue humain, c’est catastrophique».

«C’est un message d’impunité d’une extrême gravité à l’égard des harceleurs. C’est absolument catastrophique pour les victimes qui ont des procédures en cours, c’est terminé pour elles, les personnes qu’elles ont accusées peuvent sabrer le champagne», déplore Marilyn Baldeck, déléguée générale de l’Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (1).

L’association s’était pourtant jointe à la QPC, soucieuse de ne pas laisser la parole au seul Gérard Ducray : «Depuis vingt ans, nous disons que cet article n’est pas bien rédigé et devrait être modifié en s’inspirant de la directive européenne de 2002, beaucoup plus précise, explique Marilyn Baldeck. Dans le fameux article 222-33, il est incroyable notamment que le législateur ait utilisé le mot "faveur", terme qui appelle le consensuel, le consenti, la séduction. Il est aussi impensable que ce délit soit passible d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende, à savoir trois fois moins que pour un vol de portable ! Il y avait un vrai souci de définition qui a permis de classer sans suite nombre d’affaires, voire de déqualifier des actes d’agressions sexuelles en harcèlement.»


Distinction. L’association souhaitait une abrogation différée, afin d’éviter tout vide juridique.

 

«C’est ce que les Sages ont fait quand, en 2010, ils ont accordé près d’un an au législateur pour revoir la loi sur la garde à vue», souligne Michel Miné. «Cela est possible quand il s’agit de lois de procédure, pas pour les lois d’incrimination [qui définissent des comportements punissables, ndlr]», explique Caroline Mécary, qui déplore : «Il va falloir des mois avant qu’un nouveau texte soit adopté.» Et ce même si, vendredi, François Hollande s’est engagé, s’il est élu, à inscrire cette nouvelle loi «le plus rapidement possible à l’agenda parlementaire».

En attendant, la décision du Conseil constitutionnel «a été soumise à l’analyse des services de la chancellerie», a indiqué un porte-parole. Le ministère de la Justice «adressera rapidement aux parquets une circulaire précisant les conséquences de cette décision sur les procédures en cours». Une distinction pourrait s’opérer entre les procédures au stade de l’enquête et celles dont les tribunaux sont déjà saisis. Quant à Gérard Ducray, pourtant sanctionné pour avoir poussé trop loin la drague envers trois femmes fonctionnaires territoriales, il a déclaré, vendredi : «Je suis très heureux» de cette décision. Un comble.

(1) L’association appelle à manifester à 11 heures ce samedi, près du Conseil constitutionnel, métro Palais-Royal.

 

 

Par CATHERINE MALLAVAL, LIbération 4 mai 2012

Par Café des Femmes - Publié dans : Politique
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Programme

Café du lundi de 18h30 à 20h30

au "16 Congrès", 27 boulevard Heurteloup (angle place de la Gare)

 Lundi 21 mai 2012

Vivre seule, manque ou plénitude ? 

Samedi 2 juin

Nuit des Studio

 

 Vendredi 22 juin 2012

Pique nique à 18H 30

(adhésion  2012 indispensable pour y participer)

 

 Et pour la rentrée :

 

Lundi 17 septembre   

 Avec  quels   livres avez vous passé l'été ?


Dimanche 30 septembre   

Randonnée de quelques km ( accessible à tous ) et pique nique( déjeuner)  en cours de circuit , en l'honneur des 10 ans  du Café des Femmes. Ouvert à tout intéressé.


  Les Lundi 15 octobre,

19 novembre,

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