Grève antisexisme aux Echos
© MaxPPP
Ce vendredi, les « Echos » étaient bien en kiosque. Sauf que les signatures sous certains articles avaient disparu, seuls restaient les noms des hommes. Les journalistes femmes, fatiguées d’être évincées des postes à responsabilités, ont décidé de faire la grève des signatures. « Chaque jour, aux Echos, nous sommes aussi nombreuses que les hommes à faire ce journal. Mais il n’y a de femme ni à la rédaction en chef ni à la direction de la rédaction du quotidien. Les femmes ont peu à peu disparu de cette équipe. Nous espérions beaucoup de la nouvelle direction de la rédaction mais rien n’a changé », expliquent les journalistes dans un communiqué. « Cela fait plusieurs années que les élus du comité d’entreprise disent “attention à l’égalité professionnelle aux ‘Echos’, mais c’est sans effet », nous explique une journaliste qui a préféré resté anonyme. « Il y a trois semaines, la nomination de la direction de la rédaction, qui compte douze hommes et aucune femme, a cristallisé les mécontentements », observe Sophie Lacaze, déléguée syndicale. Jeudi, les journalistes se sont réunies pour évoquer le problème. « Nous nous sommes rendu compte que le sentiment de frustration était partagé par toutes les femmes », nous confie la rédactrice que nous avons contactée.
« On ne demande pas un traitement de faveur, ni la charité, juste l’égalité »
Les 80 signataires du communiqué dénoncent « le malaise, prégnant depuis plusieurs années » aux « Echos ». Au sein de la rédaction, on évoque « les augmentations individuelles qui ne sont pas au rendez-vous malgré les louanges sur le travail fait et les hommes qui sont davantage sollicités quand il faut réfléchir à un poste prestigieux ». Face à ce constat, les journalistes demandent à ce qu’une réelle discussion sur l’emploi des femmes soit engagée. « On ne demande pas un traitement de faveur, ni la charité, juste l’égalité », explique Sophie Lacaze. Francis Morel, le PDG du groupe Les Echos, assure prendre ce mouvement « très au sérieux ». Contacté par « Arrêt sur images », il reconnaît que « le constat fait par les femmes des “Echos” est objectivement juste » et promet des « mesures concrètes ». « J’aimerais y croire, reconnaît la déléguée syndicale. C’est un mouvement un peu surprise et assez intense, et j’espère que ça va faire bouger les choses. »
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