Overblog Tous les blogs Top blogs Associations & ONG
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Café des Femmes

Etats Généraux de la Femme

17 Mai 2010, 10:26am

Publié par Café des Femmes

 

Etats Généraux des Femmes 2010 à Marseille : à l'assaut des tabous

A Marseille, la participation aux Etats Généraux de Elle a été record, l'ambiance animée et les débats ont provoqué la passion. Plus qu’ailleurs, les problématiques ont tourné autour du poids des traditions et des tabous qui pèsent sur la vie des jeunes filles : accès difficile à la contraception et à l’IVG, mais aussi difficulté de s’habiller comme elles le souhaitent. D’où la nécessité, évoquée plus que dans les autres régions, d’éduquer les garçons. A l’école mais aussi en famille.

 

Articuler les temps professionnel et privé pose problème comme partout ailleurs. « Ici, à Marseille, ça s’appelle “jongler” ! » Les raisons qui bloquent encore l’égalité professionnelle ont beaucoup été évoquées : « Le monde du travail est calibré pour les hommes. Les lois, c’est très bien, mais le facteur culturel existe aussi. » C’est vrai dans le privé comme dans le public : « A l’hôpital, les hommes se cooptent entre eux, parce que nous, on n’a pas le temps de “cirer les pompes”. » Il y a aussi la maternité qui pénalise et les traditions qui ne changent pas. « Dès le début de nos études, on nous prévient que nous gagnerons 30 % de moins que les hommes », témoigne une jeune architecte. Toutes les participantes sont favorables aux quotas, aux réseaux de femmes, à la saisie systématique de la Halde en cas de discrimination : « Au-delà de l’opposition hommes/femmes, il faut travailler sur l’humain car le monde du travail est violent pour tous. »

 

Violence du monde politique également. Trois élues en témoignent : « Pour que nous avancions, il faudrait voter un statut de l’élu, appliquer le non-cumul des mandats, réorganiser les partis et créer des réseaux d’entraide. » Là aussi, les hommes devraient apporter leur aide : « Ce qui manque à l’élue, c’est une épouse (sic) qui la soutienne. » De même, quand Elisa, la benjamine du groupe, âgée de 22 ans, a laissé échapper qu’elle n’aurait sans doute pas d’enfants parce que ça lui semble trop difficile de concilier famille et travail, les réactions ont fusé : « Arrêtons de parler, dans l’entreprise, de maternité, il faut plutôt parler de parentalité ! », « Exigeons que 18 h 30 ne soit plus le début de la deuxième journée de travail ! », « Demandons que le congé de paternité soit obligatoire ! » Une évidence est également apparue : puisque les lois se succèdent et ne sont pas appliquées, c’est dans les couples et dans les familles qu’il faut oeuvrer pour faire bouger les choses.

 

Numéro spécial Elle  du 7 mai 2010 qui  présente un état des lieux  et le chemin parcouru 40 ans  après les premiers Etats Généraux de la  Femme tenus en 1970.

Commenter cet article