Age moyen de la maternité
On accouche aussi tard.. qu'en 1914-1918
Les femmes n’avaient pas fait des bébés aussi tard dans leur vie depuis un siècle. Selon le dernier numéro de « Population et Sociétés », bulletin de l’Institut national d’études démographiques
(Ined) publié aujourd’hui, l’âge moyen à la maternité a passé, en 2009, la barre des 30 ans, du jamais-vu depuis la Première Guerre mondiale.
« Il ne s’agit pas de l’âge de la naissance du premier enfant qui est de 28 ans mais de l’âge moyen des femmes qui accouchent en général, quel que soit le rang de leur bébé », précise Gilles Pison, chercheur à l’Ined. Ce passage est symbolique puisqu’en 2008 l’âge moyen des femmes accueillies dans les hôpitaux pour accoucher était déjà de 29,9 ans.
Mais il confirme un recul de l’âge de la maternité qui ne cesse de progresser. En 1977, les mères de nos trentenaires enfantaient à 26,5 ans en moyenne, soit trois ans et demi plus tôt. « Pour trouver un âge moyen à la maternité aussi élevé, il faut remonter aux années 1914-1918, explique Gilles Pison. A l’époque, on ne faisait des enfants que si on était marié. Les hommes étant partis au front, les jeunes femmes célibataires étaient hors jeu. Seules les plus âgées, celles qui avaient déjà un époux, tombaient enceintes, à l’occasion des permissions. »
Mais quelles sont les causes, cent ans plus tard, de ce recul ? « Les femmes font des études plus longues que leurs aînées et, surtout, elles travaillent », répond le démographe. Les futures mères préfèrent avoir une situation stable avant d’avoir un bébé. Un phénomène qui a davantage à voir avec une évolution des femmes dans la société leur carrière professionnelle est beaucoup plus importante que pour leurs mères qu’avec la crise financière, selon les statistiques de l’Ined. En effet, elles font des enfants plus tard, mais elles en font autant : deux en moyenne. « C’est une spécificité française, affirme Gilles Pison. Il y a des pays où le recul de l’âge de la maternité n’est pas compensé par la fécondité et qui affichent, contrairement à nous, un nombre de naissances qui baisse. » Dans l’Hexagone, on a fait 790 000 bébés en 2009, soit pratiquement autant qu’en 2008 (796 000), année de tous les records.
Le Parisien du 26 mars 2010
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